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Et voilà le latin une fois encore mis à mal ! Cette discipline n’aurait plus sa place dans un enseignement « d’excellence ». On peut en effet s’interroger sur la nécessité d’un cours de langue ancienne dans une société où les entreprises privées se mêlent d’enseignement public et pour laquelle ne semble compter que l’utilité immédiate. Depuis de nombreuses années déjà, le latin doit se défendre et ses enseignants sans cesse se justifier et se montrer proactifs. Un défi que nous relevons volontiers parce que, oui, notre cours est utile et, non, il n’est pas d’un autre temps. 

Oubliés les rosa, rosa, rosae … Désormais, nous utilisons des tablettes (bien que nos élèves préfèrent de loin graver celles, de cire, que nous leur fabriquons), des TBI, des chaînes de Youtubeurs (dont nous avons préalablement vérifié la pertinence) ; bref, nous les mettons en contact avec ce trésor qu’est l’objet livre, mais pas seulement… Nos élèves décryptent les stratégies marketing des publicités dont les noms s’inspirent de mots latins.

Nous collaborons ponctuellement avec les professeurs de sciences économiques afin de comparer les institutions belges à leurs ancêtres romaines et avec les professeurs de sciences sociales pour étudier les flux migratoires. Nous travaillons systématiquement avec les professeurs de français et de langues modernes pour favoriser la maîtrise de termes complexes, par référence à leurs étymons latins et grecs.

Le festival Artes, devenu une institution, nous permet chaque année de mettre en évidence les survivances de la culture antique dans le quotidien des jeunes. Le petit nouveau, Quaestiones Naturales, invite à un partenariat entre professeurs de langues anciennes et professeurs de sciences afin de mettre au point une expérience liant médecine antique et médecine moderne. Son aîné, les Iuvenalia, confronte les élèves à leurs connaissances grammaticales essentielles dans un concours de langue et de culture.

Comme vous pouvez le constater, les initiatives ne manquent pas pour mettre les étudiants en action et les impliquer dans leurs apprentissages, quels que soient leur niveau et leurs centres d’intérêt. Nous traitons quotidiennement de thèmes essentiels : pauvreté, esclavage, politique, droit, art, littérature etc. Nous travaillons sur les médias modernes, des références à l’anneau de Gygès du Seigneur des Anneaux à l’analyse des nombreuses traces de l’histoire antique dans Game of Thrones, en passant par la création de la page Facebook d’Alexandre le Grand. Les sources d’inspiration des créateurs de Star Wars, Narnia, Harry Potter et consorts n’ont plus de secret pour nous.

Nous organisons des journées romaines dans nos établissements : nos élèves y deviennent pour un jour des archéologues, des légionnaires, des artisans romains. Nous voyageons en car ou en pensées : nous ouvrons les portes de la bibliothèque d’Alexandrie, flânons sur le Forum Romanum, cherchons notre chemin dans les ruelles de Pompéi ou assistons à un spectacle de gladiateurs dans l’amphithéâtre de Trèves.

Tout ce travail n’est possible qu’avec une minorité d’élèves ? C’est faux, aucun clivage entre latinistes : les langues anciennes ne renforcent pas les différences sociales, au contraire, elles les gomment. Nos élèves partent tous de zéro, qu’ils s’appellent Nicolas ou Othmane, qu’ils viennent d’une famille favorisée ou non, qu’ils soient nés en Belgique ou pas. Devons-nous aujourd’hui supprimer le latin alors qu’il est enfin accessible à tous ? Un cours de culture de deux heures par semaine suffirait-il pour mettre en place tous ces projets? C’est peu probable… Mais surtout, surtout, nous perdrions le contact avec la langue latine, qui ne serait donc réservée qu’à quelques intellectuels.

Or, quoi de plus précieux, pour un élève d’à peine treize ans, d’avoir les connaissances requises pour une liberté incroyable : celle de ne pas avoir à croire sur parole un manuel scolaire ou un livre d’histoire, mais de pouvoir par lui-même traduire le témoignage de Pline Le Jeune, témoin oculaire de l’éruption du Vésuve, ou de s’entretenir seul avec Martial, afin d’assister avec lui à l’inauguration du célèbre Colisée.

Entendons-nous bien : nous sommes conscients que l’enseignement du latin pour le latin n’a plus lieu d’être (bien qu’il s’agisse d’un exercice intellectuel passionnant), mais nous sommes convaincus de son utilité, au même titre que la littérature, les mathématiques, les langues modernes, les sciences appliquées ou les sciences humaines, pour apporter rigueur, esprit critique, logique, savoirs et savoir-faire sur lesquels s’appuieront ces compétences. Pour donner une ouverture d’esprit à nos enfants, en respectant leurs différences, pour ne pas les priver de leur histoire, même lointaine, et leur permettre de devenir des adultes accomplis et non de parfaits petits robots dociles.

Qui souhaite cette société policée pour ses enfants ? Parce qu’il faut une offre d’enseignement adaptée aux besoins du XXIe siècle (je cite le Pacte), il n’y aura plus, à terme, d’historiens, d’archéologues, de linguistes ? Ceux-ci ne seront pas vendeurs, calibrés pour la nouvelle société ?… N’est donc utile que l’ « utile » ? Mais que signifie ce terme finalement ?

Dois-je m’attendre à trouver un jour des pubs au bas de chacune de mes feuilles de cours ?

Moi, j’ai besoin de me rappeler les erreurs des Anciens, pour contrôler les miennes, d’admirer des écrits incroyables, pour me souvenir qu’il faut toujours croire en l’homme et d’écouter des récits mythologiques rocambolesques pour m’évader du quotidien parfois maussade… et je suis convaincue que mes élèves ont besoin de cela aussi !

Alors non, s’il vous plait, ne touchez pas à notre latin…

ASSOCIATION DE LA FWB POUR LES LANGUES ANCIENNES

Merci à nos partenaires de nous soutenir dans nos activités !

Editorial par Céline Degueldre

  

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