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ASSOCIATION DE LA FWB POUR LES LANGUES ANCIENNES

Comte rendu du troisième concours Artes du 21 mars 2014

Oui, l’art sauvera le monde. Non, ce n’est pas de moi, c’est de Dostoïevski. Cette citation repêchée dans les limbes de la littérature (serait-ce Crime et Châtiment ? Les Démons ? Les Frères Karamazov ?) m’a semblé décrire parfaitement cette troisième édition du concours Artes, organisée le vendredi 21 mars 2014, premier jour du printemps. L’événement s’est tenu, comme les années précédentes, au CAF, à Tihange, sous la direction de notre chère collègue, Madame Simone Thonon. À nouveau, sept écoles (les Athénées Royaux de Chênée, Binche, Marchin, Spa, Uccle II et Waremme, ainsi que l’École Internationale du SHAPE) sont entrées en compétition afin de décrocher l’un des quatre prix en jeu (Artes, Scriptores, Publius et Vox Populi), sous les yeux perçants d’un jury d’experts et de professionnels (dont je faisais partie et croyez que j’eus les yeux sacrément perçants, compte rendu oblige…).

Passons en revue les différents projets (selon l’ordre alphabétique) et tâchons ensemble d’en distinguer les richesses et les apports essentiels à l’Altertumswissenchaft (n’ayons pas peur des mots allemands à rallonge). Débutons par l’Athénée Royal de Binche, en la personne de Mesdames Chantale Bauduin et Céline Degueldre. Leurs élèves ont décidé d’explorer une thématique très intéressante, très contemporaine : les tabous. Notre société, si évoluée et libérale soit-elle, demeure délimitée par d’indépassables tabous, généralement liés à la famille et à la sexualité. Inceste, parricide, viol : leur idée seule nous fait frémir et suscite en nous la répulsion. En était-il de même dans la société romaine antique ? Les élèves se sont penchés sur le sujet et nous ont livré un excellent travail écrit. Inférant de ces tabous, ils en sont venus à la question des préjugés. Préjugés à l’égard de l’homosexualité, du handicap, de l’origine ethnique, préjugés à l’égard de la différence, de l’altérité, de l’autre et de l’inconnu. Leur conclusion se résume en un trait d’humour génial : « L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne. » À bon entendeur…

L’Athénée Royal de Chênée, en la présence de Madame Julie Dall’Arche, de Monsieur Johann Van Der Elst et de leurs collègues, a présenté deux projets, que l’on pourrait audacieusement qualifier de « parallèles », surtout si l’on juge sévèrement la télévision contemporaine. Le premier, le plus polémique, le plus brûlant, le plus « chaud » (j’ose, j’ose), a fait froncer certains sourcils, épilés ou broussailleux. Les élèves y traitaient de la prostitution. Sic. Leur professeur m’a expliqué par la suite qu’il s’agissait d’une bravade et que les impétrants (masculins, faut-il le souligner ?) s’étaient dédits un peu tard, lorsqu’ils avaient réalisé les implications de leur choix. Fors l’honneur : ils s’en sont parfaitement sortis, grâce à leurs grands talents d’acteurs et la subtilité de leurs textes. Leur pièce mettant en scène Dodo la Saumure (re-sic) s’est révélée didactique et instructive, puis a lancé un débat fort intéressant sur LA problématique : la prostitution est-elle un métier comme un autre ou une violation profonde des droits de la femme ? Je vous laisse méditer.

Le second groupe des joyeux Chênéens a opté quant à lui pour la thématique, ô combien ! présente dans leur vie, de la télé-réalité. Vous préféreriez encore grignoter du bambou jusqu’à la fin de vos jours plutôt que de regarder UNE SEULE de ces émissions ? Vous manqueriez alors un pilier fondamental de la culture contemporaine, le « cul-» dans « culture » (j’ose tout) et le miroir aux alouettes reflétant les aspirations profondes de la jeunesse d’aujourd’hui. Être riche, célèbre, influent, jalousé, envié, imité, mêler en soi arrogance, ambition et superficialité : déjà dans l’Antiquité… Les élèves ont heureusement su prendre de la distance avec leur sujet et y apporter de la perspective, de la profondeur et surtout du second degré. Ils nous ont présenté Jules César et sa clique comme ce qu’ils étaient : des personnalités avides de gloire, de pouvoir et de reconnaissance. Vous me direz : eux relèvent de l’Histoire avec une majuscule, alors que les célébrités « bas de gamme » de la télé-réalité… Voilà une réflexion intéressante du débat afférent : les élèves ont conscience que le « monumentum aere perennius » ne peut se résumer à une parade devant des caméras racoleuses, en divers états de déshabillement. Il faut posséder un don, un don remarquable qui nous illustrera pour les siècles et les siècles, amen.

Madame Catherine Schloesser et ses élèves, de l’Athénée Royal de Marchin, nous ont rappelé que l’école n’est pas tout dans l’existence : il y a les loisirs aussi ! C’est là le thème de leur projet : l’otium, concept essentiel dans la Rome antique, structurant la vie quotidienne des privilégiés et qui s’est diablement démocratisé à l’époque contemporaine. Nous en apprenons plus ici sur la vie privée des élèves et découvrons enfin ce à quoi ils s’adonnent lorsqu’ils ont franchi les grilles de leur école et qu’ils disparaissent de notre vue. Le sport et les arts sont favorisés et parfois combinés dans le cas de la danse (Terpsichore avec nous !). Ce dernier point est tout le propos de leur spectacle, car sa pratique véhicule bien des stéréotypes. Afin de les démonter, les élèves ont investi tous leurs efforts dans une démonstration en direct et en simultané. Le débat qui s’en est suivi a plutôt porté sur le sens de l’humour des rédacteurs du travail écrit. Croyez-moi, ils en ont été généreusement pourvus par la Nature. La preuve vous en sera donnée dans le dernier paragraphe de ce compte rendu…

Eh bien, dansez maintenant ! Cela fut le leitmotiv des élèves de l’École Internationale du SHAPE, emmenés par leur professeur, Madame Anaïs Bailly. La guerre des roses a bien eu lieu : les garçons souhaitaient traiter du paranormal ; les filles, de la danse. Terpsichore l’a à nouveau emporté grâce au vote féminin. Le spectacle s’intitule « Danse avec les anciens », parodie de l’émission phare « Danse avec des célébrités à la recherche d’un second souffle pour leur carrière (salut Alizée !) ». Une devinette sous forme de vidéo nous permet de découvrir les cinq célébrités antiques en compétition. S’ensuit un numéro de merengue sacrément entraînant (mais j’ai toujours eu une faiblesse coupable pour les danses de salon). Ces jeunes gens internationaux ont impressionné. Leur travail écrit était tout aussi remarquable, par la qualité de leur recherche et de leur réflexion sur cette discipline du corps, de l’Antiquité au XXIe siècle, d’art sacré à pratique méprisée, renaissant en privilège royal puis aboutissant en avant-garde.

Les élèves sont décidément de grands sportifs (mens sana in corpore sano, comme l’a si bien dit un club de football non dépourvu de ressources intellectuelles). Ceux de l’Athénée Royal de Spa, accompagnés par leur professeur, Madame Tania Faniel, ont porté haut les couleurs et les valeurs du sport. Sur scène, nous avons eu droit à un numéro de danse contemporaine, dûment chorégraphié par les participantes et impliquant des ballons bleus, fil rouge de leurs travaux. S’en est suivi une parodie de Jean-Pierre Foucault, « Qui veut gagner des ballons ? », vidéo éponyme du spectacle. Chaque bonne réponse délivrait une information intéressante sur l’histoire du sport et de ses pratiques. Le morceau de bravoure vint en bouquet final : la présentation d’une nouvelle discipline, amenée à faire fureur dans nos contrées. J’ai nommé le Kin-Ball, sport collectif se jouant avec une balle géante d’un mètre vingt-deux de diamètre, dont il convient ne pas faire toucher le sol. Bientôt près de chez vous ou aux Jeux Olympiques de Rio…

C’est un sujet plus grave qui a mobilisé les élèves de l’Athénée d’Uccle II et leur professeur, Madame Anne Bargibant, un crime célèbre, épouvantable, dont l’écho résonne jusque dans notre actualité immédiate : l’infanticide perpétré par Médée, la princesse magicienne de Colchide. Nous avons été ravis d’un numéro spécial de « Faites entrer l’accusé » sur ce drame, les élèves remplaçant avantageusement Christophe Hondelatte, son blouson de motard, les parties prenantes et les témoins de la terrible scène. Nous replongeons dans une page noire de la mythologie et rebondissons sur des faits divers similaires. Au cœur de ce parcours, demeure le mystère de l’infanticide : comment une mère s’affranchit de tous les interdits et en vient à tuer ses propres enfants ? Les élèves nous lèguent de profondes réflexions. Sociales, tout d’abord, en lien avec la problématique récente de l’euthanasie des mineurs. Artistiques, ensuite. Car la mise en scène de l’horreur absolue et antinaturelle fascine les hommes depuis des millénaires. Jadis, au théâtre et dans la littérature ; aujourd’hui, à la télévision et au cinéma. Pourquoi ? Regardez au plus profond de vous-même et trouvez-y la réponse.

Notre parcours s’achève à Waremme. Être ou ne paraître ? Telle est la question que nous posent les élèves et leur professeur, Madame Nadine Roly. Ils ont convoqué pour y répondre Ovide et surtout, une des icônes de la haute couture antique : l’impératrice Poppée, qui ne fut jamais à la mode, puisqu’elle ÉTAIT la mode. Les Romains et les Romaines ne faisaient pas grand cas de la beauté naturelle et une audacieuse vidéo nous le prouve. Nous y suivons une malheureuse désignée volontaire, au style assez « normcore » (si vous me comprenez), et sa métamorphose en Poppée, processus qui nécessite le recours au personnel d’un institut esthétique, une journée durant. Coiffure, maquillage, vêtements, tout y passe et les secrets de beauté des riches matrones nous sont ainsi dévoilés. Le débat qui suivit fut passionnant, les élèves découvrant avec stupéfaction que certains mouvements féministes rejetaient en bloc cette conception, pour eux banales, de « femmes apprêtées », lui préférant celle de « femmes sans fard ».

Les prix furent enfin attribués au terme de la journée et d’une autre délibération épique du jury. Le Prix Vox Populi, voté par les élèves, s’en vint couronner justement l’Athénée Royal de Waremme et son « Metamorphosis ». Le Prix Scriptores, récompensant le meilleur travail écrit et généreusement doté par votre association préférée, échut à l’Athénée Royal de Marchin, au ravissement visible de notre collègue. Le Prix Publius, allant au meilleur objet publicitaire, fut remis à l’Athénée Royal de Binche, pour ses bracelets en silicone vendus au profit de l’UNICEF. Enfin, le premier prix, le prix Artes, couronnant de lauriers d’or le meilleur projet dans l’ensemble de ses dimensions, fut décerné à l’Ecole Internationale du SHAPE et à ses Isadora Duncan en devenir. « Adieu, mes amis ! Je m’en vais à la gloire ! » Les derniers mots de la danseuse, lancés à ses proches en montant dans l’Amilcar qui lui serait fatale, viennent parfaitement conclure ce compte rendu. Qu’il en soit ainsi pour tous ces élèves : que leurs talents artistiques les emmènent à la gloire et qu’ils nous sauvent le monde !

Naïm HERAGHI

  


Activités

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Artes

  

2014 - "L'art sauvera le monde!"

  

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