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Quaestiones Naturales : une matinée au Jardin Massart.


22 février 2017, 8h45. Mes élèves de 3e latine de l’Athénée Royal Jean Absil (Etterbeek) sont fébriles : ils attendent avec impatience et curiosité l'arrivée des élèves de l’Athénée Marguerite Yourcenar (AMY, Laeken). En cette matinée grise et doucement pluvieuse, ils s’apprêtent à participer à la seconde session des “Quaestiones Naturales” organisée au Jardin Massart, sous l’égide d’Alexia et de Laurence.


9h15. Ils arrivent ! Sous le regard discret de leur professeur L. André, les élèves de l’AMY installent leur stand ; leur atelier, entièrement conçu et réalisé par les élèves en toute autonomie, porte sur l'histoire et l'utilisation du cannabis, plante connue depuis des âges, aux vertus controversées. Ils en déroulent la ligne du temps depuis l’Antiquité pour aboutir à la problématique actuelle de sa légalisation. Enseignants d'un jour, très à l'aise pour certains, plus timides pour d'autres, ils se font également fort de prévenir leur public des nombreux effets secondaires encourus à l’utilisation de cette plante.


9h30. Le roulement des ateliers commence. La présentation de l’AMY interpelle et instruit les élèves attentifs d’Absil, généreusement gratifiés de sucreries alléchantes à chaque bonne réponse au quiz final. Les élèves des deux écoles se rencontrent, se découvrent et échangent sur leur scolarité.

De son côté, Alexia leur explique par des panneaux très didactiques le système de nomenclature des plantes. C'est parti pour un tour de révisions : “quel est le féminin de ruber ? ”, “de quel genre sont tous les noms d’arbres ?”. Les souvenirs sont loin, l’accord de l’adjectif apparemment complexe. Ils réussissent pourtant tous avec brio le challenge final : apparier correctement le nom scientifique d'une plante avec l'image correspondante. Les voilà ragaillardis !

Arrivés au troisième atelier, ils découvrent avec Laurence les “trucs et astuces” des dieux et déesses liés aux plantes. Vous pensiez que Jupiter séduisait ses conquêtes par sa puissance et ses spectaculaires métamorphoses ? Que nenni ! Ce vieillard mastiquait un crocus avant de les approcher...car le pauvre homme avait une haleine fétide !


Arrive alors pour les élèves l’épreuve ultime : imaginer le nom latin d’une belle fleur bleue présentée en photo, armés de dictionnaires et autres lexiques. Elle est bien la reine de la matinée, la Passiflora caerulea. Cette “fleur de la passion”, ainsi nommée en raison de la forme de ses organes évoquant les instruments de la Passion du Christ (la couronne d’épines et les clous), poétise leur imagination. La voilà baptisée de mille et une façons, prenant tour à tour l’allure d’un “paon épineux “, d’une “petite figue séchée et variée”, de “hérissonnes qui s’enroulent”, “de léger pétale de lune” ou encore d’“étoile aux épines ouvertes” et autre “écorce légère recouverte de poils”.


11h. Après une petite pause, les élèves partent explorer les différentes zones du Jardin Massart : le verger, la zone humide, le jardin des herbes aromatiques et médicinales,... Malgré la période et le temps peu propices, ils découvrent entre autres choses le nom scientifique du marronnier, l’Aesculus hippocastanum, chêne à glands dont l’épithète renvoie au cheval et à la châtaigne (un peu de grec ne fait jamais de tort !), fruit dont les chevaux semblaient pouvoir se nourrir en petite quantité.

Dans le verger, ils se rappellent que pomum signifie à l’origine un “fruit”, avant de désigner la “pomme”, fruit par excellence, qui deviendra le fruit défendu.


12h. La matinée s’achève : les élèves se réchauffent après leur visite du jardin dans le vent encore frais et humide de février. Ils sont néanmoins ravis de ce mercredi matin où ils ont eu l'occasion de sortir des sentiers battus pour s’en aller glaner les épis de la découverte entre botanique et langues anciennes.


Marie Faure

Professeur de latin à l’Athénée Royal Jean Absil

  

ANATOMIE COMPAREE

COMPTE RENDU DES TROISIEMES QUAESTIONES NATURALES

L’évidence apparaîtra lorsque l’on autopsiera le cadavre refroidi de l’enseignement des langues anciennes en Belgique francophone. C’est d’un meurtre dont il s’agit, d’un meurtre prémédité, réfléchi, de sang-froid. Ne croyez pas les pseudos experts qui maquilleront cela en accident, en contingence inévitable, en issue fatale d’une agonie prolongée, voire en mort naturelle. Certains songeront aux Ides de mars. Cela ressemble plutôt à la Tour de Londres : on étouffe le latin et le grec ancien, discrètement, de nuit, sous un coussin ; l’on enterre leurs cadavres à la sauvette et l’on ment à l’opinion publique en prétextant une maladie foudroyante. L’Histoire jugera, il n’empêche : nous parlons d’un crime.

Ces sombres pensées nous tourmentèrent devant les cires et les vitrines du Musée de la Médecine. Nous y étions de retour, ce mercredi 8 février 2017, pour la troisième édition des Quaestiones Naturales, matinée scientifique, littéraire, festive et instructive destinée aux élèves de troisième année du cours de latin. Cette activité née il y a deux ans et reconduite annuellement depuis, attire un public fidèle. Nous vous rappelons son principe : chaque école participante y présente un atelier, conçu et animé par les élèves eux-mêmes. À cela s'ajoutent un atelier et une conférence, organisés par le Musée. Nous saluons ici l'investissement de ses représentants, Mesdames Lara de Merode et Isabelle Simoes et Monsieur Paul Creusen, et les remercions de tout notre cœur. Leur gentillesse, leur disponibilité, leur culture et leur pédagogie ont contribué à la nouvelle réussite de cette matinée.

Cette année, six athénées participaient : l’Athénée Royal d’Enghien, emmené par Madame Isabelle Havaux ; l’Athénée Royal Jean Absil d’Etterbeek, emmené par Madame Carine Bamps ; l’Athénée Marguerite Yourcenar de Laeken, emmené par Monsieur Grégory Cromphout ; l’Athénée François Bovesse de Namur, emmené par Monsieur Alexandre Collin ; l’Athénée Royal d’Uccle II, emmené par Madame Anne Bargibant et l’Athénée Royal Thil Lorrain de Verviers, emmené par Madame Cécile Priarollo. Au total, une centaine d’élèves, réunis dans le grand auditoire pour les présentations mutuelles et l’introduction. Celle-ci fut offerte par les élèves de l’Athénée d’Enghien, qui se lancèrent courageusement et, c’est l’essentiel, magistralement. Elles saluèrent leurs camarades en latin. « Salve », « vale », c’était on ne peut plus judicieux et bien pensé : les saluts romains font allusion à la bonne santé de l’interlocuteur. La santé, le bien le plus précieux dans l’Antiquité. Les élèves illustrèrent leurs propos avec trois épigrammes de Martial et embrayèrent avec le Malade Imaginaire de Molière. Le ton était donné pour cette matinée. Notre premier athénée reçut la première ovation. Les ateliers commencèrent.

L’Athénée d’Uccle II nous ramena aux sources de la médecine, par une présentation Power Point d’une figure historique majeure : Celse, Romain du Ier siècle et auteur médical majeur. Dans son De Medicina, il opère la synthèse d’écrits d’Hippocrate et de Galien. Le grand homme a influencé des siècles de pratique médicale, grâce à cet ouvrage, partie d’une encyclopédie plus vaste et premier ouvrage médical complet. Les élèves nous exposèrent ensuite sa classification des maladies : saisonnières, pulmonaires, hygiéniques. Génie de Celse : il a découvert la diététique et prône les régimes alimentaires sains et équilibrés. La présentation se conclut sur un jeu de questions-réponses dont le vainqueur repartit avec un trophée de bonbons.

L’Athénée Marguerite Yourcenar avait choisi comme sujet, la chirurgie antique par comparaison à l’actuelle. Les animateurs nous présentèrent des outils chirurgicaux à frémir et nous détaillèrent la composition des médicaments antiques. S’ensuivit un petit atelier pratique : les volontaires reçurent un scalpel. À eux d’inciser un patient et d’examiner ses entrailles. Ne vous évanouissez pas : il s’agissait de mannequins au corps de polystyrène et à l’abdomen de baudruche. La main tremblante, les apprentis médecins incisèrent maladroitement, le faux sang éclaboussa l’assistance. Un fouillis d’intestins en réglisse apparut. Écarteurs, pinces : aux courageux chirurgiens d’un jour d’en extraire les tumeurs en plastique. Sans vomir. Une fois l’opération terminée, les valeureux furent prêts à être adoubés : ils prononcèrent à haute voix le serment d’Hippocrate.

 L’Athénée Jean Absil mit en avance deux autres figures clés, l’une divine, l’autre humaine. Le premier est Esculape, dieu de la médecine, fils d’Apollon, père d’Hygie et de Panacée. Les élèves nous retracèrent sa geste, de l’Iliade à l’Olympe. Ils nous exposèrent les modalités de son culte et les raisons de son succès, nous éclairant sur un ressort fondamental de la médecine antique : elle est inextricablement liée aux croyances et pratiques religieuses de l’époque. L’exposé passa au second, Pline l’Ancien, illustration et parfait exemple de ce lien. L’auteur encourage la pratique des ex voto, recommande des médications pour le moins étranges et amalgame joyeusement superstitions et pratiques scientifiques. L’atelier se conclut ici aussi sur un jeu de questions-réponses, mais à choix multiples, avec récompenses sucrées à la clé.

L’Athénée Thil Lorrain nous emmena sur les traces d’un animal mythique : le basilic. Le miroir est audacieux : Pline l’Ancien se reflète chez J.K. Rowling. La présentation multimédia traversa les siècles, nous donna une leçon d’étymologie et de grammaire, parcourut les sources antiques mentionnant le monstre, s’étendit sur ses propriétés surnaturelles, détailla les vertus magiques et médicinales de son sang, de son venin, de ses œufs. Après la fantaisie, le sérieux. Les élèves ont mené leur enquête et éventé les légendes. Le basilic demeure une créature chimérique, issue de l’imagination fertile des hommes.

Les élèves de l’Athénée François Bovesse avaient embrassé la carrière d’acteurs et nous avaient monté une pièce de théâtre astucieuse. Un jeune homme se rend à un rendez-vous chez son dentiste. Il s’y endort et se retrouve ramené dans l’Antiquité, confronté à un arracheur de dents. Les allers-retours temporels sont l’occasion de retracer l’histoire de la dentisterie, des soins et de l’hygiène dentaire. Chaque annonce surprenante fut ponctuée d’une courte présentation pédagogique. Les spectateurs frémirent : siècles sombres, sans dentifrice, ni brosse à dents, sans plombage, ni fraiseuse et surtout, sans anesthésie possible. Le rêveur se réveille en hurlant d’horreur. Sa dentiste moderne le rassure dans sa blouse blanche : la prévention est tout en matière de dents.

Notre parcours se termina par l’atelier du musée. Madame de Merode présenta les objets de la section gréco-romaine. Les élèves parcoururent les vitrines, entre astrologues, augures et haruspices. La vérité médicale se loge dans les étoiles et dans les foies de volaille. Apollon et les Muses veillent du haut du Parnasse et guérissent, autant qu’ils répandent les épidémies. Monsieur Creusen dissertait dans la section égyptienne. Les momies, les ouchebtis et les vases canopes illustrèrent son propos. Les pratiques médicales sont inférées des pratiques cultuelles. Les élèves furent fascinés par l’embaumement, la momification et ce défi posé au temps et à la mort.

La matinée se conclut à nouveau dans le grand auditoire, par une conférence de Monsieur Creusen sur l’histoire générale de la médecine. Après des millénaires de stagnation, cette science connaît des développements fulgurants. Les Égyptiens connaissaient les organes constituant notre corps, mais n’en comprenaient pas le fonctionnement. Vésale, à la Renaissance, en savait à peine plus qu’eux. L’approche rationaliste du XIXe siècle ouvre la voie à des découvertes fondamentales et les progrès sont dès lors fulgurants. Aujourd’hui, rien ne semble impossible à la médecine. Serions-nous au seuil de l’immortalité ?

Nous repartîmes sur ce point d’interrogation. Mystère insondable... Une certitude, cependant : seuls des médiocres et des criminels intellectuels peuvent encore opposer sciences et langues anciennes, puis assassiner ces dernières au profit des premières. Car les sciences sans l’éthique, sans la philosophie, sans la réflexion, sans l’esprit critique, sont des objets dangereux. Faut-il rappeler à ces oublieux les précédents historiques d’avancées médicales dépourvues d’humanisme et d’humanité ? Mais il est vrai que cela remonte à quatre-vingt ans déjà, époque négligeable car trop lointaine pour eux…

Naïm HERAGHI

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ASSOCIATION DE LA FWB POUR LES LANGUES ANCIENNES

Quaestiones Naturales 2017

  

Activités

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